Au-dedans l'Univers

D'après Kant, Si lentement et Petite Soeur de Jon Fosse

AU-DEDANS L’UNIVERS

D’après les œuvres « Kant » « Si lentement » et « Petite sœur » de Jon Fosse
(traductions de Terje Sinding, © L’Arche Editeur)

CRÉATION 13 DÉCEMBRE 2018 À LA SCÈNE NATIONALE 61

L’enfance est un parcours initiatique, à la fois épreuve de force et émerveillement. Jon Fosse nous donne à sentir l’intensité de ces premières années « d’êtres pensants » à partir desquelles nous bâtissons nos repères d’adultes. Cette approche nous remémore ces épreuves physiques et psychiques aux frontières de l’imaginaire, ces expériences d’antan et ces découvertes sensationnelles inscrites dans nos corps.  

Entre les lignes de Jon Fosse, on est face à l’essentiel. Les mots semblent être là, autant pour ce qu’ils disent que pour ce qu’ils suggèrent. Son écriture nous fait traverser une langue en suspension, qui résonne étrangement avec la parole de ces adultes en devenir. L’écriture des trois textes déploie une atmosphère arrêtée, comme le temps d’une apnée, et l’espace d’un vertige, l’espace-temps de prendre avec soi le monde dans lequel on est et de le faire sien, envers et contre tout.

« Au-dedans l’Univers » se donne le projet de s’asseoir ensemble un moment au théâtre pour plonger dans cette part d’enfance qui nous émeut parce qu’elle nous met face au réel de notre condition humaine : respirer, ressentir, douter, et trouver des mots pour le dire.


Trois textes : trois fenêtres sur trois mondes intérieurs

« Kant »
Kristoffer, un enfant de 8 ans, n’arrive pas à s’endormir.
Il essaye de comprendre l’incompréhensible : notre finitude, dans un monde infini.
Son père, bienveillant, s’évertue à lui expliquer qu’on ne peut pas tout comprendre. Dans l’esprit de Kristoffer, la raison et l’imaginaire se frayent un chemin. 

« Si lentement »
Un jeune garçon vole une banane à une vieille dame. Sans méchanceté, sans préméditation, il suit son envie, une simple impulsion : attraper une banane dans un sac. Une fois chez lui, sa mère l’interroge. Le garçon entre alors dans une agitation intense : l’ordre moral et les conventions sociales l’accablent et l’obligent à trouver une solution pour éviter l’humiliation.

« Petite Soeur »
Un garçon de 4 ans se sent appelé par la beauté du lever de soleil sur le fjord devant sa maison. Il sort de chez lui, s’allonge dans l’herbe et la contemple pleinement. Il est bercé par elle. Il fait corps avec son environnement et vit pleinement l’intensité du présent. Sa mère, inquiète et en colère de le voir sorti seul, vient le chercher et le ramène de force. Commence alors une lutte violente entre l’insatiable désir de l’enfant de sortir découvrir le monde et l’inquiétude d’une mère qui la pousse à cloîtrer son fils à la maison. 

EQUIPE

Co-mise en scène : Virginie Boucher et Etienne Briand

Avec : Thomas Dardenne

Création son : Pierre Blin
Musique : Maxime Métais
Création lumière : Nicolas Sanchez
Création costumes : Annaig Lecann
Création vidéo : Etienne Briand


PRODUCTION

Les Ouranies Théâtre, Ville d’Alençon, avec le soutien de la Scène Nationale 61 et du Théâtre de l’Ephémère / scène conventionnée pour les écritures théâtrales contemporaines